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Cyril Hanouna et la tyrannie de l’haptophobie

Depuis un peu plus de deux ans tout le monde s’accorde à penser que le garçon ne « touche » plus terre, que l’explosion des chevilles le guette sévèrement et que sa pression crânienne tend à faire passer les cocottes minutes Seb pour de simples jouets, pourtant la vérité peut parfois avoir un tout autre visage.

Avoir fait passer les sardines de ringardes à branchées, avoir permis de mettre à terre les Daft Punk grâce à un savant usage de la langue de Molière, de vent et d’un slip troué tout en ayant fait en sorte que France 4 soit (enfin) à l’origine d’un carton télévisuel (avant de se le faire piquer au profit de D8), tels sont quelques uns (il y en aurait tant d’autres) des exploits à mettre à l’actif de Cyril Hanouna. Néanmoins, toute médaille à son revers et pour le coup nous aurons la délicatesse de passer sous silence l’émission The Cover, annoncée comme un événement, diffusée le 15 octobre dernier à 20h50 sur D8 et dont les critiques furent plus que mitigées sur les réseaux sociaux pour une audience somme toute modeste de 801 000 téléspectateurs…

Bref, D8, Europe 1, Yahoo, on ne compte plus les lieux où sévit actuellement celui qui naguère participait, dans le plus simple appareil, à une grosse émission sur une chaîne zygomatique du satellite dénommée Comédie.

Ainsi s’en va la légende Hanouna côté pile mais lorsque au détour d’un plateau de télévision ou d’un studio de radio nous parvenons à interpeller quelques uns de ses collaborateurs l’histoire prend une toute autre tournure et les langues se délient sous couvert d’anonymat. En une poignée de secondes le constat devient évidence, l’animateur-producteur souffre. “Touche pas”, “touche pas”, entend on de toutes parts. En coulisses comme dans la vie, il est désormais hanté par ces phrases. Après avoir démultiplié à déraison cette locution à l’antenne, il en venu à développer une forme très particulière d’haptophobie quotidienne.

Cette crainte de toucher, d’être touché ou de voir quelque chose être touché se manifeste incidieusement, spontanément auprès de n’importe qui chez lui. « Tendez lui un simple verre d’eau et une crise peut se déclencher » nous confie-t-on au détour d’un couloir. Chez lui, cette forme particulière s’accompagne le plus souvent d’un “touche pas” craché à la face de tous. « Ces instants sont à chaque fois beau tout simplement » nous assène, extatique, celui qui s’exprime sous le sobriquet du fayot. Ses collaborateurs les plus fidèles restent médusés à chaque éructation pensant avoir, une fois encore, la chance d’être confronté au génie bouillonnant d’un artiste de la télévision française qui aura su trouver une trente deuxième déclinaison possible de son touche émission “Touche pas à mon poste”.

La médecine est catégorique à ce sujet, la réponse est non. Michel Cymès, le docteur Quinne homme médecin caméra 3 ça tourne, que nous avons contacté à ce sujet nous donne davantage de détails sur ce cas très particulier de l’animateur : “Hapto quoi ? Tant qu’il est “apte” je vois pas de quoi il faut se soucier.”

Du côté de la chaîne, le son de cloche se veut lui aussi rassurant, Ara Aprikian, patron de D8, s’enthousiasme même lorsque l’on évoque le cas de son animateur vedette. “Que cela reste entre nous, le succès de D8 repose moins sur une stratégie éditoriale novatrice que sur une visée pathologique à long terme. Tant que Cyril souffrira, D8 progressera.” Cruel mais réaliste dans un monde où la mansuétude face aux plus faibles n’est pas de mise. Et au patron du pôle gratuit du groupe Canal + de se laisser aller à une ultime confidence. “N’oubliez pas que d’autres chaînes souffrent également, W9 et sa “Chtitite” gênante tandis que NRJ 12 traîne depuis longtemps une “Angine” carabinée.”

Nous qui pensions que la télévision rendait fou, désormais on se rend compte qu’elle est avant tout contagieuse et infestée de vrais malades de télévision.