William Leymergie

A 67 ans, William Leymergie voit la lumière !

L’événement est à la fois attendrissant tout comme il fût de longue date redouté par l’ensemble de ses collaborateurs.

Aussi paradoxale que cela puisse paraître, le fait est établi, William Leymergie a bel et bien passé les 67 ans premières années de sa vie sans jamais avoir eu le privilège fébrile d’une rétine à peine ouverte heurtée par la vigueur soudaine de l’astre solaire venant tout juste de percer le fin horizon pour venir inonder, comme chaque jour, les terres immergées de ce vaste monde. Trêve de lyrisme dans ce qui restera comme l’un des faits média de l’année.

C’est ainsi que le 6 mars dernier la rencontre eu lieu. Fortuite à coup sûr, elle émana sans même le vouloir d’une des petites mains de l’équipe de production de l’émission matinale de France 2, Télématin. Embargo oblige, nous ne pouvions relater cet événement auparavant. Il était donc un peu moins de 7h20 dans les studios situés situés au sous sol de France Télévisions, tandis que Sophie Le Saint finissait de préparer son flash d’information qui allait débuter dans tout juste dix minutes et qu’une salutaire et rentable page de publicité venait à l’instant de débuter à l’antenne, le jeune Gwendal s’apprêtait pour sa part à boire son troisième café de la journée, signe à postériori de la fébrilité du jeune stagiaire, qui dans les conditions d’un matinalier audiovisuel s’est trouvé privé de ses réflexes les plus élémentaires.

Ainsi, depuis toutes ces années les stores des loges de l’émission étaient strictement maintenus fermés chaque matin, mais il aura fallu d’une seule fois pour que William Leymergie en ce 6 mars 2014 à 7h23 précise fît l’une des rencontres les plus marquantes de sa carrière. Oui le soleil existait, enfin il en eu la preuve. Depuis tant d’années, ce n’était qu’au travers des légendes narrées quotidiennement par Nathalie Rihouet, Myriam Seurait et consorts que l’homme s’était fait à cette image dont tant de français semblaient s’enthousiasmer. Pour lui, cet icône jaunâtre plus ou moins présent sur les cartes météorologiques n’évoquait pour ainsi dire rien, tout au plus un pacman hérissé. Lui qui depuis toutes ces années était maintenu à l’abri de ses effets dans les locaux calfeutrés de France Télévisions n’a jamais eu les joies de connaître ce contact.

Et pourtant, ce jour était enfin arrivé, il était à présent 7h24, le temps était comme suspendu dans ce bureau de production où les quelques grains de poussière qui flottaient dans l’air faisaient encore plus miroiter cette lumière indécente rendant cette scène quasiment mystique. Au loin ont eu presque la sensation d’entendre un assistant de production crier “Retour antenne dans 35 secondes William, faut y aller !!”. Mais ce bruit n’était que chimère.

Ebloui à son tour non pas par le soleil mais par le visage enfantin et quelque peu inquiétant qu’arborait dès lors le MC des matins de France 2, le jeune Gwendal quitta le bureau comme si de rien n’était, café dans la main droite, quelques madeleines dans la main gauche. 7h25 s’annonçait déjà quand la page de publicité en vint à son terme et que l’émission dût reprendre ses droits. En régie finale le stress montait “Bordel, mais il est où ???” s’exclamait le réalisateur quand finalement, Nathanaël De Rincquesen fût le second rayon de soleil de la matinée et vint avec calme, sourire et petit jeu de mot qui fait mouche annoncer le flash de 7h30.

Soulagement en régie, le conducteur de l’émission avait pu se poursuivre sans encombre quand bien même les assistants de rédaction furent dépêchés en catastrophe à la recherche de William Leymergie. Plusieurs minutes se passèrent sans que quiconque ne puisse le retrouver. Le va et vient incessant des assistants en coulisses ne désarçonnait pas Gwendal, toujours seul détendeur du pourquoi de l’absence soudaine de William Leymergie, lequel continuait de déambuler sans objectif précis dans les méandres des sous sols de France Télévisions.

Il était déjà 7h31, le présentateur aux 40 % de part de marché restait encore et toujours introuvable dans les coulisses, mais le pot aux roses était quant à lui découvert. L’obscurité fût immédiatement rendue à cette loge et le “CC”* fût instantanément déclenché à l’ensemble du bâtiment de France Télévisions, les issues furent condamnées, des rideaux de fer vinrent obstruer tout le bâtiment, des projecteurs ultra puissants vinrent scruter l’activité interne comme externe du bâtiment amiral de l’audiovisuel public, tandis qu’un escadron d’intervention d’urgence pour animateurs en perdition fût déployé mais rien n’y fit, IL avait disparu. A 67 ans, il venait enfin de se rendre (avec un septennat de retard) que la retraite était également faite pour lui et que Nathalie Rihouet, Frédéric de Gersal, Nathanaël De Rincquesen et consorts n’étaient pas les uniques specimen de la race humaine à exister. Un nouveau jour se levait pour lui et il tenait désormais à en profiter. Si vous le rencontrez, aucune crainte, il semble être (encore pour un certain temps) sous l’emprise extatique du soleil et n’est pas voué à vous faire du mal. Merci de bien vouloir contacter les autorités compétentes à l’adresse suivante : urgence_cc@francetelevisions.fr

PS : à tous les esprits pointilleux qui pourrait noter que « William Leymergie » continue d’assurer actuellement la présentation de Télématin, nous leur feront remarquer que dans le même temps nous avons eu vent de l’information relevant que Le Père Fouras était passé d’un CDD estival renouvelable sur un fort exilé à un CDI permanent. Coïncidence de contrat, doublure plateau, le doute reste permis…

* : CC comme “code contact” ou procédure exceptionnelle établie depuis 1957 visant à maîtriser la rencontre entre William Lemeyrgie et l’astre solaire et toutes les conséquences pouvant en découler.